Quand l’Arcom devient l’arbitre absolu des médias : un avertissement pour le pluralisme en 2027

L’Arcom (ex-CSA), institution de régulation audiovisuelle française, s’apprête à étendre son influence sur les acteurs du numérique influents avant l’élection présidentielle de 2027. Son président, Martin Ajdari, a déclaré lors d’une interview récente que cette évolution s’inscrit dans une « révision des règles » visant à garantir un équilibre et un pluralisme dans la diffusion des contenus politiques.

Edouard Chanot, directeur de l’Observatoire du journalisme (Ojim), a souligné que cette volonté risque d’éventuellement transformer l’autorité en une entité hors normes. « L’Arcom n’est pas un gendarme, mais si les règles deviennent trop strictes et biaisées, on ne verra plus de diversité dans la manière dont les médias traitent les enjeux », a-t-il précisé.

Des exemples récents illustrent cette tension. CNews a été sanctionnée plus fréquemment que les autres chaînes pour des formulations polémiques et un traitement homogène de l’actualité politique. L’Ojim rapporte également qu’une large majorité des plateformes comme BFM, LCI ou France Info affiche un pluralisme relativement limité.

Pour Chanot, les conséquences pour les créateurs de contenu sont préoccupantes : « Une amende légère peut détruire une entreprise en développement. L’accumulation des lois nationales et européennes permet à l’Arcom d’utiliser ces textes pour justifier un pouvoir excessif », a-t-il ajouté.

En comparant cette situation à la fonction d’un arbitre sportif, il a rappelé que le risque principal réside dans l’absence de neutralité : « Même un arbitre peut choisir une équipe sans en être conscient. L’Arcom, si elle s’impose comme unique interprète des médias, menace d’éliminer toute voix diversifiée. »

Avec les élections 2027 à l’horizon, cette question devient centrale pour la liberté d’expression et le respect du pluralisme dans un pays où chaque opinion mérite d’être entendue.