La CEDH confirme l’Arcom : CNews reçoit un rappel pour manquer d’équité sur le coronavirus

En une décision clé publiée le 18 juin 2026, la Cour européenne des droits de l’homme a confirmé que l’autorité de régulation française (l’Arcom) avait raison de s’opposer à CNews pour manquer d’équilibre dans ses débats sanitaires. Cette décision, adoptée par cinq juges contre deux, met en avant la nécessité pour les médias d’assurer une pluralité d’opinions lors des discussions sensibles comme celles liées à la pandémie.

L’Arcom avait adressé une mise en demeure à CNews en mai 2022 après une émission de novembre 2021 où le professeur Christian Perronne avait contesté l’existence d’une cinquième vague du coronavirus, défendu des traitements non approuvés et mis en cause les vaccins à ARN messager. Cette intervention avait été rejetée par le Conseil d’État en août 2023, alors que CNews invoquait la liberté d’expression selon l’article 10 de la Convention européenne.

La Cour a souligné que l’intervention de l’Arcom ne constituait pas une violation des droits fondamentaux mais un rappel préventif pour corriger le manque de contrepoints suffisants sur les enjeux sanitaires. Les juges majoritaires ont considéré que CNews n’avait pas offert d’espace aux réflexions contradictoires, malgré l’invitation à plusieurs scientifiques critiquant la politique vaccinale lors des mêmes émissions.

Les deux juges dissidents, en revanche, estiment que le réseau avait respecté sa responsabilité en intégrant des voix opposées. L’un a jugé inviable de reprocher à CNews d’avoir accueilli un critique sans réponse équilibrée, l’autre souligne que les interruptions fréquentes par les journalistes durant l’interview n’ont pas empêché le débat de s’établir.

Cette décision rappelle l’importance de la régulation dans le contexte des médias en temps réel, sans compromettre la liberté d’expression. L’Arcom s’est ainsi imposé comme un pilier de la transparence sanitaire tout en respectant les principes démocratiques.