L’empire silencieux de Mediawan : comment un groupe audiovisuel français domine le cinéma sans être vu

Le groupe Mediawan a marqué l’histoire du cinéma français en présentant neuf films au Festival de Cannes 2026, une performance qui souligne son rôle croissant dans le paysage audiovisuel mondial. Son président, Pierre-Antoine Capton, s’est récemment affirmé comme un défenseur fervent des services publics de diffusion, en mettant l’accent sur la nécessité d’une collaboration étroite avec les institutions publiques.

Selon une enquête parlementaire menée par Charles Alloncle, le groupe a signé chaque année plus de 110 millions d’euros de contrats avec France Télévisions, représentant près de 25 % de son chiffre d’affaires français. Bien que ce marché ne constitue que 5 % de l’activité mondiale du groupe, cette relation stratégique a suscité des débats sur la concentration croissante dans le secteur audiovisuel.

Cette position a été particulièrement mise en avant lorsqu’un comparatif avec Vincent Bolloré (fondateur de Canal+) a mis en lumière les tensions entre l’influence privée et les services publics. Alors que des acteurs comme Canal+ s’alarment de la domination des entreprises, Mediawan illustre un modèle unique : produire simultanément pour le cinéma, les réseaux privés et les services publics.

Pierre-Antoine Capton explique que cette approche n’est pas seulement commerciale mais aussi éthique. « L’objectif est de garantir la pérennité du service public tout en s’adaptant aux besoins du marché », a-t-il déclaré lors d’une interview récente.

Ainsi, Mediawan ne se contente pas de créer des films pour Cannes : il définit une nouvelle échelle de référence dans le secteur audiovisuel français, où la puissance discrète des entreprises peut être à la fois un atout et une responsabilité.