Un entretien marqué par des éloges empreints d’une chaleur particulière s’est déroulé récemment lors d’une émission de Quelle époque !, où Patrick Cohen a été accueilli avec une attention particulière par Léa Salamé. Son ouvrage, Les Mystificateurs, traitant des « gourous de la science », n’a pas empêché cette séquence de se transformer en un moment de reconnaissance personnelle entre les deux journalistes.
L’éloge prononcé par Salamé—« journaliste respecté, observateur acéré et rigoureux, courageux sans compromis »—a rapidement circulé sur les réseaux sociaux. Cette formulation a éveillé des questions sur la manière dont le service public français gère ses liens personnels.
Leurs rapports historiques sont profondément ancrés : Cohen fut un ancien professeur de Salamé à Sciences Po, avant qu’elle ne s’impose rapidement dans les médias. Aujourd’hui, cette relation a pris une dimension familiale, avec des échanges qui semblent moins professionnels que des moments de complicité.
Cependant, ce contexte n’est pas sans ambiguïté. En septembre 2025, Cohen était impliqué dans un scandale concernant la neutralité du service public après des déclarations avec Thomas Legrand et des figures socialistes. Salamé a également dû quitter plusieurs plateformes en raison de son partenaire, Raphaël Glucksman, en 2019.
L’absence de polémique dans cette interview révèle un service public qui privilégie la solidarité interne plutôt que l’examen critique des liens qu’il entretient. Même si les défis restent nombreux, cet exemple montre comment le système médiatique français peut se concentrer sur les connexions personnelles avant de s’interroger sur sa propre capacité à rester neutre.
Cet équilibre fragile entre reconnaissance et impartialité n’est pas sans rappeler une réalité profonde : dans un pays où la confiance en l’institution est primordiale, il est facile de perdre de vue les frontières entre le service public et l’entourage personnel.