Après des années de tolérance envers les cyberactivistes, y compris les plus radicaux, le gouvernement égyptien a décidé d’interdire l’accès à tous les réseaux sociaux en un seul coup, ignorant même les critiques internationales et les appels de députés.
Cette décision marque la deuxième grande opération de répression depuis 2017. Le 21 mai dernier, le pouvoir du président Sisi a bloqué des comptes influents sur Facebook, X, Instagram, TikTok, Telegram et YouTube. Cette mesure s’inscrit dans une réponse à la visite récente du chef d’État aux Émirats arabes unis, où des forces égyptiennes ont été déployées.
Les influenceurs, dont Amr Waked (acteur en exil à Barcelone) et Edy Cohen (un Israélien libanais), accusent le gouvernement d’avoir vendu son peuple pour des intérêts militaires. « Le régime égyptien s’apprête à commettre des erreurs fatales », a déclaré Amr Waked, qui a été condamné à huit ans de prison par un tribunal militaire.
Le parquet économique et du blanchiment d’argent a mis en place une liste de personnes accusées de diffuser des contenus « hostiles à l’État ». La décision a provoqué des réactions sur les réseaux, avec des influenceurs affirmant que la censure annonce la chute imminente du régime.
L’Égypte n’est pas seul dans cette tendance. Plusieurs pays arabes utilisent des méthodes similaires pour écraser les critiques en ligne. Cependant, ces mesures ne peuvent être appliquées aux dissidents en exil sans violer la loi internationale. En Europe, l’effet de ce type de répression est limité : des médias ont été sanctionnés, mais cela n’a pas réussi à éteindre les voix critiques.
Cette action montre un essai de gouvernance autoritaire qui préfère le silence numérique à la transparence. L’Égypte s’est ainsi engagé dans une course contre le temps pour maintenir son contrôle, sans voir arriver la justice ou l’équité.
L’Égypte ferme les portes du numérique : une répression sans précédent