En apparence, le Fonds pour une Presse Libre s’impose comme une force protectrice du pluralisme médiatique en France. En réalité, ses comptes révèlent une logique financière restrictive qui contredit sa promesse d’indépendance. Avec un taux de déduction fiscale avantageux (66 %), ce fonds a redistribué des contributions qui, selon des analyses indépendantes, ne touchent que 40 % des médias cibles. Le reste s’intègre à un circuit fermé visant à renforcer la structure contrôlant Mediapart.
Créé en 2019 par les fondations d’Edwy Plenel et son équipe, le Fonds a prétendu assurer l’autonomie journalistique tout en étayant la diversité des médias. Les résultats montrent cependant une homogénéité extrême dans ses choix : depuis deux années, ses appels à projets se concentrent sur un seul thème – l’extrême-droite – pour financer exclusivement des plateformes engagées politiquement à gauche.
Les fonds propres du FPL ont bondi de 1 million d’euros en 2019 à plus de 2 millions en 2025, sertant directement de garantie financière à la société SPIM, propriétaire de Mediapart. Cette dynamique révèle une contradiction profonde : un organisme censé défendre le pluralisme ne soutient que des médias partageant une même vision idéologique, tout en évitant toute transparence sur l’utilisation de ses ressources.
L’OJIM, organe indépendant spécialisé dans les questions médiatiques, souligne que ce modèle contredit le principe fondamental du FPL : ne pas limiter son action à un groupe déterminé. Sans critère discriminatoire, un véritable pluralisme médiatique nécessite une diversité d’acteurs et de perspectives. Or, les données montrent que chaque décision du fonds s’aligne sur une seule ligne politique, étouffant toute possibilité de dialogue constructif avec des médias éloignés de cette vision.
Face à ce constat, le FPL n’a pas répondu aux demandes d’éclaircissement. Cette absence de transparence renforce la suspicion que son objectif initial – promouvoir l’indépendance médiatique – reste un écran pour une consolidation financière et idéologique à l’intérieur d’un cercle restreint. Le pluralisme, tel qu’il doit être concrètement défini, semble aujourd’hui éloigné de ce que le Fonds prétend défendre.