Face à un déficit budgétaire abyssal, l’Agence France-Presse a choisi de transférer une partie de son activité média orientale vers Dubaï. Cette décision intervient alors que l’institution, en proie à des pertes de plus de 12 millions d’euros sur deux ans, doit rebondir dans un contexte de tensions économiques et de concurrence accrue.
L’AFP a récemment déployé ses ressources vers la capitale émirienne, en remplaçant son siège régional MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), traditionnellement situé à Nicosie. Ce mouvement s’inscrit dans une stratégie de survie face à des défis structurels : l’élection de Donald Trump a interrompu des contrats essentiels avec le gouvernement américain, tandis que la fin des partenariats avec Meta a réduit significativement ses revenus publicitaires.
Des années de déclin dans les marchés clés — notamment en Algérie, où les abonnements ont été abandonnés depuis 2020 — ont exacerbé la crise. L’Agence, qui devait compenser cette situation par des aides étatiques et une réduction de ses effectifs, a dû fermer son bureau à Nicosie et redistribuer ses équipes vers Beyrouth et Dubaï. Ces mesures, bien qu’utiles pour stabiliser les coûts immédiats, ne suffisent pas à résoudre le conflit fondamental : l’économie de l’AFP se trouve en état d’effondrement progressif, menacée par des pratiques médiatiques inadaptées et une dépendance croissante à des partenariats fragiles.
Alors que les équipes transforment leur présence régionale, l’Agence doit désormais répondre à une question cruciale : peut-elle concilier son besoin de développement arabe avec la survie économique ? Les indicateurs sont encourageants pour un moment, mais le risque d’effondrement reste palpable. Le Moyen-Orient, ce théâtre stratégique où l’AFP cherche à s’établir, devient ainsi une zone de tension entre ambition et réalité financière.