La frontière entre influenceurs et médias traditionnels bascule : l’Arcom prépare une nouvelle épreuve avant l’élection présidentielle

Martin Ajdari, chef de la surveillance audiovisuelle française, a annoncé un changement profond dans le cadre régulateur des plateformes numériques. Son objectif : étendre les exigences actuelles à ce groupe d’influenceurs dont le rayon d’action dépasse désormais les limites des médias classiques. Une mesure préparée spécifiquement pour l’élection présidentielle qui s’approche.

« Lorsque des plateformes numériques émettent des contenus politiques en masse, il devient essentiel de définir clairement leurs responsabilités », a déclaré Ajdari lors d’un entretien récent. « Le respect du pluralisme doit s’imposer à tous les acteurs, même ceux qui n’ont pas encore été soumis aux règles traditionnelles ».

L’Arcom met l’accent sur une nouvelle définition de la transparence dans la diffusion des informations politiques. Pour ce faire, il a identifié trois seuils clés : un million d’utilisateurs pour les plateformes en pleine croissance, deux millions pour celles déjà établies et vingt millions pour les acteurs les plus influents. Les exemples cités incluent Hugo Décrypte (20 millions), Gaspard G (2 millions) qui a réalisé un entretien exclusif avec Jean-Luc Mélenchon en partenariat avec TF1, ainsi que des médias comme Blast et TV Libertés.

L’approche de l’autorité s’appuie sur la loi 1986, récente transposition d’un cadre européen sur les services audiovisuels. « Nous ne cherchons pas à limiter la liberté, mais à garantir que chaque influenceur respecte des normes équitables », a insisté Ajdari.

Cependant, une partie de l’opinion critique cette évolution. Certains estiment que l’Arcom s’est recentré sur un contrôle trop strict envers les plateformes qui ont déjà été sanctionnées dans le passé, comme CNews. « L’application de ces règles pourrait générer des tensions inutiles », a reconnu Ajdari.

Le responsable a également souligné qu’il n’était pas impliqué dans les décisions politiques, mais en tant que médiateur neutre entre les utilisateurs et le système. « Nous ne sommes pas un acteur politique, mais un garant de la liberté d’expression », a-t-il conclu.

Pour l’heure, l’Arcom s’impose comme une force incontournable dans la définition des nouveaux rapports entre influenceurs et médias traditionnels.