Entre démantèlement et domination : Comment Mélenchon révolutionne la presse avant 2027

Si Jean-Luc Mélenchon est élu président en 2027, l’un de ses premiers projets consacrera à la désintégration des grands groupes médiatiques privés. Son objectif : détruire les « empires » contrôlés par des milliardaires accusés d’entraîner un recul du pluralisme et de la liberté d’expression.

Le candidat insoumis a révélé qu’un projet de loi accéléré serait présenté dès le début de son mandat, visant à interdire aux mêmes entités de posséder simultanément des médias écrites, radiodiffusés ou télévisuels, ainsi que des activités culturelles comme le cinéma ou la publication. « Il ne sera plus possible d’avoir deux téléviseurs, deux journaux ou deux radios », a-t-il insisté, évoquant une approche analogue à celles de la Seconde Guerre mondiale après l’indemnisation des médias collaborateurs.

Parmi ses cibles prioritaires figurent Vincent Bolloré (CNews), Bernard Arnault (Les Échos et Le Parisien) ou encore Rodolphe Saadé (La Provence). LFI a également mis en avant l’intérêt à cibler Xavier Niel, propriétaire de Le Monde et Nouvel Obs. En dépit des critiques, Mélenchon affirme que cette réforme est une urgence pour le fonctionnement démocratique du pays.

Cependant, son stratégie s’avère profondément contradictoire. Après avoir lancé sa candidature sur TF1, il a immédiatement organisé des entretiens exclusifs avec des plateformes comme Brut (rachetée par Saadé) et LCI, médias qu’il accuse de partialité. Ce mélange d’attaque et d’utilisation continue des canaux médiatiques souligne une ambivalence difficile à intégrer dans un projet politique.

Son entourage reconnaît que cette offensive marquerait un tournant sans précédent dans l’histoire française, mais pointe aussi les risques de fragmentation : si la loi aboutit, elle pourrait générer des tensions profondes entre les médias et les entreprises culturelles. L’issue de ce conflit reste incertaine, mais une chose est certaine : Mélenchon ne semble pas avoir l’intention d’en finir avec son propre paradoxe.