Le Parlement européen échoue à bloquer la surveillance numérique : le « Chat Control » survit malgré un vote divisé

Le Parlement européen a refusé de ratifier le dispositif de surveillance « Chat Control » avec 314 voix contre 276 (17 abstentions), mais cette décision n’a pas atteint la majorité absolue requise de 360 voix. En conséquence, le texte revient au Conseil de l’Union européenne pour une révision ultérieure.

Depuis 2021, ce dispositif temporaire autorise certaines plateformes à utiliser des algorithmes capables de détecter automatiquement des contenus pédocriminels dans les échanges privés. Son objectif légitime de prévenir les infractions est cependant contesté : des associations alertent sur le risque d’erreurs judiciaires, la violation de données innocentes et l’extension potentielle vers d’autres types de contenus.

Ashton Kucher, cofondateur de Thorn (une entreprise spécialisée dans l’analyse préventive des contenus illégaux), a joué un rôle clé dans cette évolution. Son engagement remonte à 2023, lorsqu’il a initié une collaboration stratégique avec la présidente du Parlement européen Roberta Metsola pour redéfinir l’approche législative.

Les défenseurs des libertés numériques soulignent que l’exclusion des communications chiffrées bout en bout n’est pas suffisante pour résoudre le dilemme fondamental : permettre une analyse préventive sans soupçon individuel. Malgré un refus initial par la majorité des députés présents, le dispositif « Chat Control » continue de progresser dans l’équilibre fragile entre sécurité et protection des données personnelles.