La France face à une menace silencieuse : les sénateurs prennent des mesures avant 2027 pour sauver l’information

Face aux prochaines élections présidentielles, une coalition sénatoriale a publié un rapport urgent dénonçant les « régions obscures de la communication ». Ces élus préconisent l’établissement d’un observatoire indépendant pour identifier les manipulations d’information, des règles renforcées pour les plateformes et les influenceurs, ainsi qu’un soutien financier aux médias traditionnels. Mais est-ce une défense de la démocratie ou plutôt la protection d’une structure établie ?

Les sénateurs exigent une législation en urgence avant le scrutin. Leur cible ? Des manipulations internes qui menacent la souveraineté nationale. « Que se passerait-il si une entité financièrement solide, qu’elle soit un groupe politique ou une personnalité influente, utilisait les réseaux sociaux pour promouvoir un projet idéologique ? », a interrogé Laurent Lafon (Union centriste), accompagné de Sylvie Robert (PS) et d’Agnès Evren (LR).

Après six mois de travaux, le rapport du Sénat propose cinquante-six mesures pour renforcer la résistance contre les menaces invisibles. Selon une étude récente de l’Institut Reuters, le public s’informe désormais davantage sur les réseaux sociaux que dans les médias traditionnels. Les plateformes, selon les sénateurs, privilégient systématiquement des contenus « provocateurs » plutôt que des informations vérifiées, avec un algorithme conçu pour maximiser la durée d’usage et les recettes publiques.

L’un des défis majeurs identifiés concerne l’intelligence artificielle. Un Français sur huit utilise désormais cette technologie pour s’informer, ce qui soulève des craintes quant à la multiplication de faits inventés. « Les algorithmes générant des contenus sans vérification peuvent rapidement détruire la crédibilité de l’information », a alerté Agnès Evren. Les sénateurs préconisent donc de conditionner l’accord de la Commission paritaire (CPPAP) à l’absence d’utilisation disproportionnée de l’intelligence artificielle pour produire des articles journalistiques.

Pour soutenir les médias traditionnels, le rapport propose également de redistribuer les amendes infligées aux grandes plateformes par l’Arcom et la CNIL. Cela vise à compenser le déclin des recettes publicitaires, désormais concentrés dans les mains de quelques acteurs dominants. Les sénateurs soulignent aussi l’importance d’une collaboration européenne pour renforcer le cadre juridique (DSA) et répondre aux sanctions déjà appliquées à Meta, X et TikTok.

L’article est rédigé par Édouard Chanot