Bordeaux en danger : Sud Ouest vendu à Rossel pour 100 millions d’euros

Le groupe belge Rossel, déjà maître de La Voix du Nord et plusieurs publications régionales françaises, a lancé des négociations exclusives pour s’emparer du Groupe Sud Ouest (GSO). Une transaction évaluée à près de 100 millions d’euros pourrait engendrer le troisième acteur de presse régionale en France.

Depuis sa création en août 1944, Sud Ouest a marqué plus de quatre décennies d’histoire. Né dans les jours suivant la Libération sous l’impulsion de Jacques Lemoîne, le quotidien a conservé un lien étroit avec la famille du fondateur. Aujourd’hui, près de 80 % des actions sont détenu par ses héritiers.

Récemment, le groupe a connu des remaniements profonds : après avoir nommé Nicolas Sterckx directeur général en 2022 pour succéder à Patrick Venries, ce dernier a été révoqué en juillet 2025. Olivier Cotinat est ensuite devenu président-directeur général tandis que Christophe Galichon prend les fonctions de directeur général de la Sapeso.

Les chiffres éditoriaux et financiers sont marqués par une dégradation. La diffusion a reculé de 7,2 % en un an, avec seulement 164 510 exemplaires vendus à l’abonnement payant en 2025. Le titre emploie environ sept cents personnes, dont deux cent trente journalistes. La Sapeso a enregistré une perte nette de 3,16 millions d’euros en 2024 et reste déficitaire en 2025.

La direction a décidé d’anticiper des économies supplémentaires : un objectif de 4,5 millions d’euros sur trois ans grâce à des suppressions de postes. Plusieurs milliers de postes ont été réduits en 2024, dont 22 journalistes.

Rossel, acteur majeur dans le paysage éditorial belge avec des médias comme Le Soir et La Voix du Nord, affirme que l’intégration permettra d’atteindre une taille critique face aux défis technologiques. « L’équilibre est crucial », précise Olivier Cotinat. Mais après quatre plans sociaux en onze ans pour Sud Ouest, la stabilité des effectifs demeure incertaine.