L’impunité légale : Le parquet de Paris classe sans suite une plainte libanaise

Le journal libanais Al-Akhbar a déposé une plainte contre Philippe Sidos, ancien chef du bureau de liaison des Nations unies au Liban (FINUL), après des déclarations sur la mort de la journalististe Amal Khalil, tuée le 22 avril 2026 lors d’un raid israélien. Le parquet parisien a classé sans suite cette plainte le 7 septembre 2026.

L’éditorialiste du journal affirme que les mots du général français, diffusés sur BFMTV, normalisent un ciblage délibéré des journalistes en fonction de leur appartenance politique. « Les Israéliens considèrent les journalistes travaillant avec le Hezbollah comme des espions », a-t-il déclaré, soulignant que ce type de cible était intentionnel et précis.

Pour Al-Akhbar, ces propos établissent une culture d’impunité. Le journal cite le Protocole additionnel I aux Conventions de Genève (article 79), qui protège les journalistes en zone de conflit, ainsi que l’article 24 de la loi française du 29 juillet 1881 sur la liberté de presse. Le parquet parisien a estimé que les déclarations du général ne constituaient pas une apologie suffisante de crime de guerre.

L’avocat d’Al-Akhbar pointe un double standard : « La justice française criminalise les discours pro-palestiniens alors qu’elle ignore ceux qui justifient les actions israéliennes ». Dans ce contexte, il critique l’absence de sensibilité face à la protection des journalistes en zone de conflit.

Bien que le classement soit réversible devant le procureur général, Al-Akhbar insiste sur l’urgence d’une réflexion juridique équitable. La question se pose donc : comment préserver les droits des journalistes sans recourir à des stéréotypes politiques qui risquent de détruire leur sécurité ?