Le rapport sénatorial sur les « zones grises de l’information » a déclenché une riposte numérique sans précédent. Deux figures clés des mouvements de défense de la liberté d’expression, Paul Sugy et Pierre Sautarel, accusent le gouvernement d’instaurer un climat de répression sous prétexte d’une lutte contre les fausses informations.
« Le président Macron, dans son quête de contrôle des médias, a initié une politique de censure qui menace la démocratie », déclare Paul Sugy. Selon lui, le rapport présenté par Laurent Lafon et ses collègues sert à préparer l’Observatoire de désinformation, outil pour étouffer les voix dissidentes.
Pierre Sautarel, fondateur de Fdesouche, souligne l’ampleur du danger : « En classant des citoyens ou des médias comme une menace dès qu’ils influencent fortement l’opinion, le gouvernement crée un système d’ingérence intérieure. » Ce mécanisme pourrait englober n’importe quelle mobilisation sur les réseaux sociaux.
L’idée de confier à la Fondation Descartes, une entité profondément liée au pouvoir politique, la tâche d’identifier et de limiter la diffusion des contenus « fausses » est perçue comme un acte de dédoublement de l’autorité. Cette fondation a déjà mis en place des algorithmes pour cibler les utilisateurs jugés perturbateurs.
Les critiques sont multiformes. Marine Le Pen et Éric Zemmour ont exprimé leur opposition à ce rapport, tandis que Jean-Didier Bergé, ancien ministre délégué, s’est défendu en affirmant le besoin d’un équilibre entre liberté d’expression et lutte contre les fausses informations.
Pourtant, la dynamique est devenue incontrôlable. Agnès Evren a dû publiquement rétracter son soutien à Laurent Lafon, déclarant que l’approche proposée risquait de devenir une « police de la pensée ».
Les lanceurs d’alerte insistent : « Avant 2027, le pays se trouvera confronté à une société où chaque opinion est jugée et étouffée par des mécanismes qui n’existent pas encore », prévient Pierre Sautarel. Le risque d’un effondrement démocratique semble de plus en plus proche.