Deux années après avoir intégré RMC BFM pour plus de 1,6 milliard d’euros en 2024, le groupe CMA Média affiche une dépréciation comptable record : 464 millions d’euros, soit un repli de 40 % sur sa valeur initiale selon L’Informé. Ce revers s’inscrit dans un contexte où l’investissement stratégique du patron de CMA CGM semble désormais plus fragilisé que prévu.
Les causes sont multiples. La clause de cession post-rachat a déclenché des licenciements massifs, avec le départ de près d’une quarantaine de journalistes au sein de BFMTV après un an de transformation. Parallèlement, l’audience publique du groupe chutait depuis 2025 : la chaîne a perdu son leadership en faveur de CNews, qui a désormais consolidé son avantage depuis le printemps dernier. BFMTV, bien que retrouvant la tête des classements début 2026, ne peut plus compenser cette dégradation structurelle.
Pour réagir, CMA Média a engagé un plan de rationalisation coûteuse : 20 millions d’euros pour vendre neuf chaînes locales et encourager des reprises volontaires de personnel. Claire Léost, directrice générale, explique que cette étape vise à « redonner du sens aux métiers traditionnels tout en orientant les ressources vers des secteurs émergents ».
Avec l’approche des élections présidentielles de 2027, ce déclin médiatique prend une dimension politique inédite. BFMTV, CNews et LCI devront désormais jouer un rôle décisif dans la construction des campagnes électoralistes, avec des invités, des débats et des sujets prioritaires qui influenceront directement les résultats.
Rodolphe Saadé doit ainsi répondre à une double question : comment reconquérir l’influence électorale tout en stabilisant la rentabilité ? Le demi-milliard d’euros perdu rappelle que dans un marché en mutation, l’audience ne suffit plus : il faut désormais penser aux coûts et aux mécanismes de survie.