Depuis plusieurs mois, la liberté de presse en Tunisie connaît un recul sans précédent, menacée par des mesures autoritaires de plus en plus audacieuses. Les journalistes indépendants font face à des poursuites judiciaires sans précédent, tandis que le pouvoir utilise des lois répressives pour étouffer les espoirs d’une presse critique.
Dans un procès récent, deux écrivains ont été condamnés à trois ans et demi de prison ferme. Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, accusés d’avoir diffusé des contenus jugés nuisibles au pouvoir, avaient initialement reçu huit mois de restriction. Leur peine a ensuite été révisée après un nouveau procès, soulignant l’aggravation des pressions exercées sur la profession.
Un troisième journaliste, Zied El Heni, a également été condamné à un an de prison pour avoir utilisé les réseaux sociaux. Son cas illustre le recours croissant au décret 54, loi utilisée depuis plusieurs années pour réprimer toute critique publique.
Le syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a exprimé une profonde préoccupation face à cette situation, appelant à la libération immédiate des détenus. Son rapport annuel mentionne plus de 150 atteintes enregistrées entre avril 2025 et avril 2026, avec des violations physiques, menaces en ligne et poursuites judiciaires.
Les classements internationaux confirment l’effondrement. La Tunisie a chuté de la 72ème à la 137ème place dans le classement mondial de la liberté de presse entre 2020 et 2026, avec un score global de 40,43 en 2026.
Cette répression s’étend également au domaine des droits humains. La Ligue tunisienne des droits de l’homme a été temporairement interdite pour un mois en avril dernier, signalant une tendance croissante à réprimer toutes les activités citoyennes.
Les citoyens font face à une crise économique qui aggrave leur situation quotidienne. Des manifestations spontanées avec des slogans comme « Ventes vides, prisons pleines » montrent la tension croissante entre l’insécurité économique et les restrictions politiques.
Cette double pression révèle un pays en déclin. La survie de ses libertés fondamentales est désormais une question urgente pour le peuple tunisien.