Une transaction majeure en perspective : ITV et Sky s’apprêtent à bouleverser le paysage médiatique britannique

La première chaîne commerciale britannique, ITV, a annoncé des discussions avancées avec Sky, filiale de Comcast, concernant la vente de son pôle « Media & Entertainement » (chaînes gratuites et plateforme ITVX) pour un montant estimé à 1,6 milliard de livres. Cette opération, si elle aboutit, marquerait une transformation profonde du secteur audiovisuel britannique. Les activités de production des studios ITV resteraient indépendantes, mais l’accent serait mis sur la consolidation face aux géants du streaming.

Le marché britannique, déjà fragmenté entre BBC (service public), chaînes commerciales régulées comme ITV et le modèle payant dominé par Sky, connaît une accélération vers la digitalisation. YouTube dépasse désormais ITV en termes d’audience, tandis que Google et Meta captent plus de 50 % des budgets publicitaires. Cette dynamique pousse ITV à réagir, en cherchant à se recentrer sur la production de contenus mondiaux tout en réduisant sa dépendance aux recettes publicitaires instables.

Sky, contrôlée par le groupe américain Comcast depuis 2018, représente une solution stratégique pour renforcer l’offre numérique et les droits sportifs (notamment la Premier League). Cependant, les régulateurs britanniques, comme Ofcom, surveilleront de près l’équilibre entre concurrence et pluralisme. L’union d’un diffuseur gratuit et d’un service payant pourrait créer un déséquilibre sur le marché publicitaire, tout en soulignant les défis posés par la domination transatlantique des plateformes technologiques.

Si l’accord se concrétise, ITV deviendrait un acteur de production pure, tandis que Sky gérerait la distribution et le streaming. En cas d’échec, ITV conserverait son modèle intégré mais chercherait à optimiser ses plateformes. Quelque soit l’issue, cette transition illustre l’accélération du secteur vers un écosystème numérique plus complexe, où les frontières entre producteurs, diffuseurs et services en ligne s’estompent.