Tsunami de haine sur internet : Vanessa Le Moigne renonce à couvrir le football après une vague d’insultes

Après la finale CAN 2026 entre Sénégal et Maroc, la journaliste sportive Vanessa Le Moigne a annoncé son retrait définitif des couvertures footballistiques. Cette décision, conséquence directe d’une offensive en ligne sans précédent, soulève de sérieuses questions sur la survie du journalisme en contexte médiatique actuel.

L’incident s’est déclenché dans les heures suivant le match, remporté par le Sénégal face à l’Algérie. Une question posée au gardien Édouard Mendy concernant un éventuel « accord » lié à une panenka a provoqué immédiatement des réactions extrêmes. Les commentaires en ligne, souvent sexistes et visant spécifiquement sa crédibilité professionnelle, ont rapidement pris une dimension inacceptable.

Le ministre des Sports, Marina Ferrari, a émis un appel à la responsabilité en déclarant que « rien » ne justifie le cyberharcèlement. Cependant, cette réaction est restée insuffisante face à l’ampleur de l’épidémie d’insultes qui a traversé les plateformes sociales. Les réseaux, bien qu’initialement conçus pour la communication, se sont transformés en lieux d’agressions systémiques contre les journalistes.

La finale elle-même a été marquée par des tensions avec les forces de sécurité et des incidents en tribunes, ce qui a exacerbé un climat de violence dans l’espace public. Ces événements, qui devaient être une fierté nationale, ont pris une dimension préoccupante, démontrant comment la relation entre médias et société peut rapidement s’éloigner de son objectif premier : le respect mutuel.

Pour Vanessa Le Moigne, ce retrait n’est pas un abandon mais plutôt un signe d’alerte. « Ce n’est pas la fin de mon métier », a-t-elle souligné, « mais l’absence de sécurité dans ce milieu nécessite une réflexion profonde ». À quelques mois de la Coupe du Monde 2030, cet épisode rappelle aux Français que la liberté d’expression ne peut exister sans des mécanismes solides pour protéger les professionnels qui la défendent.