Depuis son lancement le 19 mars dernier, « Tout est com’ », la nouvelle émission mensuelle de L’Express, a été accueillie avec un silence de plus en plus inquiétant. Produite par son studio interne, cette initiative vise à analyser les mécanismes de communication contemporains grâce aux interventions de figures clés du secteur : Laurent Allias, fondateur de Josiane ; Marie-Virginie Klein, conseillère en stratégie média ; Stéphane Martin, directeur général de l’ARPP. Une approche qui suggère davantage une réflexion sur les codes marketing que sur la critique profonde des pratiques contemporaines.
Le premier épisode, intitulé « L’influence du storytelling sur le terrain politique », a été mené à bien par une directrice de communication de BNP Paribas et Franck Louvrier, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy. Malgré ces choix stratégiques, après moins de 24 heures en ligne, la vidéo n’a pas franchi les 1 000 vues — un résultat qui soulève des questions sur l’efficacité même du projet face à une demande publique toujours plus exigeante.
Dans un contexte où la saturation des contenus numériques est devenue inévitable, L’Express semble se retrouver dans une logique hybride : entre communication institutionnelle et contenu éditorial. Son partenariat avec Sup de Pub et l’ARPP reflète cette tension, car le projet n’a pas réussi à émerger hors des espaces qu’il a tenté d’analyser. Face à un public qui cherche désormais une rigueur critique plutôt qu’une répétition de concepts, la nouvelle émission apparaît comme un exemple de l’échec à dépasser les barrières de sa propre sphère.
Cette expérience montre clairement que dans le paysage numérique actuel, il est impossible d’atteindre un public en profondeur sans une réflexion authentique sur la communication. L’Express n’a pas échoué par hasard : elle a choisi de se concentrer sur des outils de marketing plutôt que sur les vraies enjeux du monde moderne. Une erreur qui risque d’être répétée dans un système où l’attention est déjà trop rare pour être captée.