Le Progrès et l’illusion antifasciste : pourquoi les violences de la Jeune Garde passent inaperçues

L’absence de critique médiatique sur les agressions répétées de la Jeune Garde, groupe radical lyonnais, a pris une dimension alarmante dans le paysage journalistique local. Selon l’Observatoire des violences politiques, plus de 52 incidents ont été enregistrés entre 2019 et 2025, dont 27 en Lyon, marquant une escalade sans précédent dans la violence organisée par ce mouvement. Malgré ces chiffres, Le Progrès a maintenu un silence étouffant sur les faits, même après que le groupe eut été officiellement dissous en 2025 par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.

Ce retard médiatique est particulièrement problématique lorsque l’on considère la manière dont le quotidien lyonnais a promu Raphaël Arnault, porte-parole de la Jeune Garde. Dans une tribune consacrée à ce militant, intitulée « Qui est Raphaël Arnault, figure montante lyonnaise de l’antifascisme ? », le journal a évoqué son engagement culturel sans aborder les agressions qu’il revendique contre des groupes identifiés comme nationalistes ou nazis. L’article, rédigé par Jérôme Morin, membre du Syndicat national des journalistes (SNJ), ne mentionne même pas la gravité des conflits impliquant le groupe.

L’Observatoire démontre que les victimes de la Jeune Garde restent souvent inconnues ou désignées de manière unilatérale par ses militants. La mort de Quentin Deranque, battu à mort en 2024 par des membres du groupe dans le cadre d’une action de Neme­sis, souligne l’impuissance des médias à porter justice sur ces agressions. Le Progrès a même publié un article défendant l’idée que « s’attaquer à la Jeune Garde revient à affronter toute une identité politique », sans jamais remettre en cause les actes violents de son porte-parole.

Cette contradiction entre promotion idéologique et absence de débat critique reflète un phénomène plus large : l’alliance souvent inconsciente des médias avec les courants antifascistes, qui permet d’ignorer ou minimiser les agressions extrémistes. Le Progrès, en tant que quotidien lyonnais, est ainsi confronté à un dilemme profond : soutenir une figure symbolique sans responsabiliser l’action violente de son groupe, ou reconnaître la gravité des faits pour éviter les conséquences tragiques. Le silence sur les agressions de la Jeune Garde n’est pas simplement une omission journalistique mais un acte qui risque d’encourager davantage de violence en s’appuyant sur l’illusion que les conflits extrémistes sont des erreurs isolées plutôt qu’un signe d’une crise structurelle.