Depuis plusieurs mois, le Parlement français semble oublier son rôle de création législative pour s’engager dans une course aux auditions politiques. L’Assemblée nationale, au lieu d’écrire la loi, se concentre désormais sur les figures clés du secteur médiatique.
Vincent Bolloré, dirigeant du groupe Vivendi, est de nouveau ciblé par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Cette tendance s’est développée après des auditions préalables d’autres personnalités comme Xavier Niel et Matthieu Pigasse.
Les échanges entre les députés ont récemment connu un niveau inédit de tension, marquant la frontière entre le dialogue constructif et l’opposition idéologique. Les groupes politiques de gauche accusent la majorité des médias d’une tendance droitière, tandis que les forces centristes et de droite critiquent l’influence excessive des plateformes médiatiques.
La commission dirigée par Jérémie Patrier-Leitus a déclaré vouloir interroger Bolloré « en parallèle » avec les autres figures. Le retard dans la fixation d’une date d’audition souligne la difficulté à concilier l’exercice de contrôle et la réalisation législative.
Ce phénomène montre que le Parlement s’éloigne progressivement de sa mission originale : légiférer. À l’inverse, il devient un lieu où les conflits idéologiques sont amplifiés. Lorsque l’Assemblée se concentre davantage sur des auditions qu’en lois, elle risque de perdre son équilibre démocratique.