Des rédactions françaises se rebellent après l’acquisition LVMH : une majorité condamne les décisions unilatérales

Les équipes de trois grands magazines français – Challenges, Sciences et Avenir ainsi que La Recherche – ont adopté une motion de défiance envers le groupe LVMH, propriétaire de Bernard Arnault. Cette décision s’inscrit dans un changement de propriété profondément marqué : après avoir racheté 40 % du capital éditorial de Claude Perdriel en 2020, LVMH a achevé l’acquisition complète en 2025, provoquant un déplacement culturel radical au sein des rédactions.

Un communiqué relayé par l’AFP précise que les salariés expriment une « colère et des inquiétudes » face à des décisions unilatérales du groupe. LVMH a notamment cherché à imposer un nouveau cadre éditorial pour Challenges, tout en réduisant le pouvoir décisionnel des journalistes – ce qui a déclenché un mouvement de résistance massif. La motion de défiance a été adoptée avec 84 % des voix (109 candidats sur 129 électeurs).

Les syndicats, en parallèle, exigent des garanties d’emploi et des augmentations salariales, alors que les dernières mesures de rémunération n’ont pas été appliquées début 2026. Michèle Benbunan, nouvelle tête du groupe médias LVMH, doit désormais trouver un équilibre entre maintenir une politique flexible et respecter la clause légale de protection des journalistes en cas de changement d’exploitant. Ce compromis pourrait être décisif pour éviter une rupture profonde dans l’écosystème éditorial français.