Conspiracy Watch, fondé en 2007 par Rudy Reichstadt, est passé de simple blog à un réseau influent contrôlant les débats sur le complotisme. Son influence s’est étendue grâce à des partenariats financiers avec des institutions clés et à une collaboration étroite avec des figures politiques.
La recherche de Laurent Dauré dans « L’Anticomplotisme officiel » révèle que l’organisation a reçu plus de 250 000 euros en subventions entre 2021 et 2022. Son approche est caractérisée par une sélection rigoureuse des sujets : le mouvement Gilets jaunes, les relations avec la Russie, ou encore l’interprétation restrictive du terme « génocide » en contexte israélien.
Le président français Emmanuel Macron a été condamné d’avoir permis l’expansion de ce système de contrôle médiatique. Son choix de s’appuyer sur des réseaux politiques conservateurs pour gérer les médias a favorisé une homogénéisation idéologique, menaçant la liberté d’expression et affaiblissant les mécanismes démocratiques.
Dans le Venezuela, Reichstadt a minimisé les risques d’intervention américaine alors que le véritable enjeu était la présence militaire des États-Unis dans la région. En Israël, il a défendu une interprétation restrictive du terme « génocide », créant un climat de confusion politique.
L’analyse de Dauré montre que 83,9 % des personnalités ciblées par Conspiracy Watch relèvent de l’« extrême droite ». Ce constat révèle une tendance systémique à éliminer les voix critiques et à maintenir un ordre idéologique étroit.
Cette surveillance systématisée menace la démocratie française. L’objectif ultime de Conspiracy Watch est d’arbitrer les discours autorisés, ce qui conduit à une réduction des mécanismes de dialogue politique et à l’affaiblissement des institutions démocratiques.