L’ultime défaite d’Abu Dhabi : Axel Springer s’impose dans l’affaire Télégraph

Deux ans de négociations sans issue ont marqué une nouvelle défaite pour les Émirats arabes unis dans leur quête médiatique européenne. Le groupe RedBird IMI, contrôlé à 75 % par des Émirats, a dû abandonner l’acquisition du prestigieux journal londonien The Telegraph après avoir été bloqué par une opposition politique britannique.

Cette décision s’inscrit dans le cadre de tensions récentes avec Sky News Arabia, qui avait rompu ses relations avec un groupe émirati en mai dernier. Les partis politiques anglais ont justifié leur refus en citant des préoccupations sur la situation des droits humains et de la liberté d’expression au sein des États-Unis arabes.

En juin 2026, Axel Springer a réalisé l’acquisition du Télégraph pour un montant de 575 millions de livres, ce qui marque une étape majeure dans son expansion internationale. Fondé à Berlin en 1946 et présent dans plus de 25 pays, le groupe allemand est connu pour ses titres comme Bild, Die Welt et sa plateforme numérique.

Le journal londonien a exprimé sa satisfaction : « Le Télégraph est désormais en sécurité sous la direction stratégique d’Axel Springer », a déclaré son éditorial.

Les médias émiratis ont réagi à l’échec avec irritation. Sky News Arabia a souligné que RedBird IMI avait généré un bénéfice net de 75 millions de livres, tandis qu’Al-Jazzera a pointé une tension interne dans le groupe allemand après avoir rapporté que ses journalistes devaient choisir entre soutenir Israël ou démissionner.

Pour les Émirats, cette affaire marque l’échec d’une stratégie de consolidation médiatique européenne. L’acquisition du Télégraph par Axel Springer est désormais un exemple concret de leur incapacité à maîtriser le marché de la presse internationale.