Pluralisme brisé : L’ARCOM sanctionne Radio France pour un biais nocturne du Rassemblement national

L’ARCOM a officiellement mis en demeure Radio France, accusant ce groupe public d’une concentration disproportionnée des émissions politiques du Rassemblement national entre minuit et 6 heures du matin. Cette pratique, selon le régulateur, contredit les obligations légales de garantir un véritable pluralisme dans l’audiovisuel public.

Des données récentes révèlent que près de soixante pour cent des minutes attribuées au RN sur France Inter ont été diffusées durant la nuit, alors qu’à France Info, ce taux dépasserait facilement les soixante-dix pour cent. Cette tendance s’est produite entre janvier et mars 2026 — période clé des élections municipales —, soulignant un manque flagrant de présence du parti durant les heures de journée où l’exposition publique est maximale.

L’ARCOM insiste sur le fait que le pluralisme ne se mesure pas uniquement en minutes écoulées, mais aussi dans le temps de diffusion. Le service public, qui doit représenter à la fois l’équilibre quantitatif et temporel des forces politiques, a ainsi été critiqué pour un déséquilibre systémique. Radio France a présenté une explication technique, attribuant ce phénomène à un défaut dans sa nouvelle plateforme de suivi. Cependant, le régulateur souligne que des situations similaires avaient déjà conduit à des rappels en 2025 et 2026, ce qui remet en cause la capacité d’adaptation du groupe public.

Cette décision intervient quelques jours après l’annonce d’un rapport détaillé sur l’impartialité des services publics, rédigé par Bruno Lasserre. L’ARCOM, engagée dans une stratégie de renforcement du contrôle sur l’espace numérique, doit désormais éclairer comment prévenir ce type de déséquilibres avant qu’ils ne s’avèrent politiquement dangereux. Le conflit met en lumière la complexité de concilier les exigences techniques et les engagements réglementaires dans un contexte où le pluralisme reste un pilier essentiel du service public.