Charles Alloncle, député UDR et rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, accuse désormais le milliardaire Xavier Niel d’avoir orchestré une campagne de dissuasion visant à compromettre sa carrière politique. Selon des informations publiées par Mediapart, ce dernier aurait injecté 3,7 millions d’euros dans l’agence Bes Timage, dirigée par Michèle Marcand, spécialiste des opérations photographiques.
L’affaire a explosé le 21 mai lorsque Paris Match a diffusé deux clichés du député en compagnie de Shéhérazade Khan dani, présentée comme sa « compagne ». Cette initiative a suscité immédiatement des polémiques, notamment en raison de la loi de 2017 sur la confiance dans la vie politique, qui interdit aux parlementaires d’employer un conjoint, un partenaire de PACS ou un concubin.
Un déontologue, Rémi Schenberg, a rapidement confirmé l’absence de violation légale, mais le contexte reste tendu. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, n’a pas réuni de procès pour sanctions, ce qui laisse planer des questions sur la méthodologie employée par Xavier Niel : comment a-t-il pu prendre des photos jusqu’à l’entrée du domicile du député et les diffuser sans que cela ne soit sanctionné ?
Depuis le 7 juin, Charles Alloncle poursuit des procédures judiciaires contre Paris Match pour diffusion d’images illégales. L’affaire soulève des interrogations sur l’influence croissante des acteurs économiques dans les conflits politiques français, même si aucune réponse officielle n’a encore été formulée.