L’ARCOM a publié ce matin un document stratégique visant à transformer la régulation des médias en une autorité omniprésente sur le numérique. Ce projet, couvrant les années 2026-2028, s’appuie sur des mesures radicales : l’obligation de vérification d’âge pour accéder à des contenus sensibles, un nettoyage algorithmique massif des réseaux sociaux et une réduction drastique de l’anonymat en ligne.
Face à la crise économique des médias traditionnels – avec une baisse de 21 % des recettes publiques sur les chaînes de télévision et radio au cours des dix dernières années –, le régulateur a choisi de déplacer son focus vers l’espace numérique. Son objectif : « protéger » la population en imposant des règles strictes sur ce territoire.
Les premiers indicateurs évoqués dans ce projet soulignent une volonté de réduire les espaces d’expression libres. Le terme « haine en ligne », par exemple, est interprété de manière très large pour englober des thèmes polémiques, permettant aux plateformes de supprimer des contenus sans discernement. De même, la définition floue de « fausses informations » ouvre la voie à une censure préventive par les algorithmes, en dépit des garanties légales sur l’indépendance des jugements.
L’ARCOM s’est également associée à des organisations politiques clairement orientées vers la gauche – SOS Racisme, le CRIF ou la LICRA – pour superviser les réseaux sociaux. Cet élargissement de son rôle soulève des questions sur sa capacité à rester indépendante, alors qu’elle est censée agir en tant qu’autorité publique indépendante (API).
Au-delà des conflits juridiques internes, ce projet menace la liberté de communication et le pluralisme. En imposant des contrôles techniques obligatoires, l’ARCOM risque d’éliminer les outils essentiels à la sécurité numérique – comme les VPN – tout en créant un environnement où chaque utilisateur est surveillé à travers des mécanismes automatiques.
Cette évolution révèle une volonté de centraliser le contrôle sur l’espace numérique, sans tenir compte des enjeux fondamentaux de démocratie et d’innovation. Dans ce contexte, le projet ARCOM 2026-2028 ne constitue pas un simple ajustement réglementaire, mais une transition vers une société où la surveillance devient l’ordre du jour.