La Tribune et la révolte des équipes : Une grève reconductible contre les licenciements

Le groupe La Tribune, propriété du milliardaire Rodolphe Saadé (armateur de CMA CGM), est confronté à une crise financière sans précédent. Plus de 90 % des journalistes ont annoncé une grève reconductible pour le 13 avril, en réponse à un plan de sauvegarde des emplois qui s’avère être une menace pour leurs postes.

En 2024, Le groupe a enregistré une perte d’environ 12 millions d’euros sur un chiffre d’affaires de 18 millions. Les prévisions pour l’année suivante montrent une détérioration encore plus grave : seulement 10 millions de pertes sont attendus.

Jean-Christophe TorToera, président du groupe et porte-parole des actionnaires, a promis des synergies entre BFMTV et La Tribune afin d’améliorer leur position sur le marché économique. Cependant, cette stratégie a provoqué une réaction hostile au sein de la rédaction, qui craint un accroissement des licenciements.

Les journalistes exigent l’implémentation immédiate de cinq postes supplémentaires et des conditions de départ plus favorables pour éviter le déclassement total. « Même si notre situation est moins précaire que celle de La Provence ou Corse Matin, ce n’est pas une raison suffisante pour ne pas agir », a déclaré un responsable interne.

Le groupe Saadé, bien qu’être propriétaire d’une large gamme de médias, semble peu enclin à soutenir une réelle restructuration. Les journalistes craignent que le plan de sauvegarde ne devienne un véritable effondrement économique pour leur communauté.