Les 200 ans du Figaro : une célébration de la liberté, mais un défi pour l’avenir

Le Figaro célèbre ses deux centaines d’années en organisant une exposition immersive au Grand Palais, où les visiteurs découvrent son histoire et ses défis. Cependant, cette manifestation révèle des tensions profondes entre la tradition et les pressions modernes.

L’événement, ouvert du 14 au 16 janvier 2026, attire un public hétéroclite, mélangeant anciens lecteurs et jeunes journalistes. L’ambiance est à la fois festive et critique, reflétant les contradictions d’un journal qui a longtemps incarné l’indépendance de la presse. Les archives exposées, comme l’Une du Figaro en 2002 ou une photo de Charles de Gaulle lisant le quotidien, soulignent son rôle historique dans la défense des idées libérales.

Pourtant, un débat éclate sur les limites de la liberté d’expression. Natacha Polony et Mathieu Bock-Côté s’affrontent lors d’une discussion animée. Pour Polony, la presse a gagné en indépendance, mais elle rappelle que, autrefois, des sujets comme l’éducation étaient censurés. Bock-Côté, lui, dénonce une « censure à tendance totalitaire » et compare les règles françaises aux modèles américains.

Un moment inattendu survient lorsque un spectateur interrompt le débat pour défendre Patrick Cohen, révélant les divisions internes au monde médiatique. L’éditorialiste de CNews évoque aussi la proposition d’Emmanuel Macron de créer un « label des médias dignes de confiance », une idée que Polony condamne comme une menace pour le pluralisme.

L’exposition souligne également les défis économiques du Figaro, dont l’équilibre financier reste fragile. Alors que l’ancien directeur Gascon Calmette a été assassiné en 1914 par une épouse outragée, aujourd’hui la presse fait face à des crises structurelles : une dépendance croissante aux annonceurs et une crise de confiance des lecteurs.

En conclusion, le Figaro reste un symbole de résistance, mais son avenir dépend de sa capacité à s’adapter sans compromettre ses principes. « L’Enfant de Beaumarchais n’est pas né pour mourir », répète-t-on, tout en se demandant si cette phrase peut encore inspirer l’avenir.